En 2024, 25 919 cas de violences domestiques entre conjoints ou partenaires équivalents ont été enregistrés au Portugal — constituant le crime le plus signalé dans le pays cette année-là, avec une moyenne de plus de 70 signalements par jour.
2025/12/01

La violence domestique est un crime public : n’importe qui peut le signaler et une procédure pénale peut être engagée indépendamment de la volonté de la victime. En 2024, 25 919 cas de violences domestiques entre conjoints ou partenaires équivalents ont été enregistrés au Portugal — constituant le crime le plus signalé dans le pays cette année-là, avec une moyenne de plus de 70 signalements par jour.

Ce crime recouvre non seulement les violences physiques, mais aussi les violences émotionnelles, sexuelles, financières et sociales, le harcèlement et la divulgation de contenus intimes. Il peut survenir entre conjoints ou ex-conjoints, entre personnes entretenant ou ayant entretenu une relation amoureuse, entre personnes ayant des enfants en commun, ainsi qu’entre ascendants et descendants.

Le rôle de l’avocat est d’accompagner la victime à toutes les étapes de la procédure — du dépôt de plainte au jugement — en l’informant de ses droits et en l’aidant à les exercer. Depuis 2023, la loi a été mise à jour sur des points qui font une réelle différence pour celles et ceux qui vivent cette réalité.

Une évaluation des risques plus rigoureuse

Depuis le 1er juillet 2025, les forces de sécurité et les services d’aide aux victimes utilisent un nouvel outil d’évaluation des risques comportant quatre niveaux — faible, moyen, élevé et extrême — ainsi que des indicateurs spécifiques selon le type de crime, notamment les violences entre partenaires intimes, les violences filioparentales et les violences contre les personnes âgées ou les enfants.

À l’issue de l’évaluation, un plan personnel de sécurité est élaboré conjointement avec la victime. Un niveau de risque élevé ou extrême peut entraîner l’application immédiate de mesures de contrainte plus restrictives à l’égard de l’auteur des violences, telles que l’interdiction de contact ou l’éloignement du domicile. L’avocat peut accompagner la victime dans ce processus et veiller à ce que ces mesures soient effectivement appliquées.

De nouveaux soutiens économiques pour les victimes

La dépendance économique constitue l’un des principaux obstacles à la rupture d’une relation abusive. La loi garantit désormais aux victimes détenant le statut de victime de violence domestique l’accès aux allocations chômage, même si c’est elles qui ont mis fin au contrat de travail — une situation qui, en règle générale, n’ouvrirait pas droit à cette prestation.

Le statut de victime peut être accordé par les autorités policières ou le ministère public, indépendamment de tout dépôt de plainte formel. L’avocat peut aider à l’obtenir et garantir l’accès à toutes les aides prévues par la loi, notamment l’aide juridictionnelle et d’autres prestations sociales.

Une stratégie nationale pour les victimes d’infractions

La Stratégie nationale pour les droits des victimes d’infractions 2024–2028 a été approuvée, définissant les priorités de l’État portugais en matière de soutien aux victimes pour les années à venir. Le document renforce la coordination entre les services de santé, les forces de sécurité, le système judiciaire et les structures d’appui social, avec une attention particulière aux situations de violence domestique.

Violences domestiques et milieu professionnel

En janvier 2024, le Portugal a ratifié la Convention de l’Organisation internationale du travail sur l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. Il s’agit du premier traité international à reconnaître que la violence domestique a un impact direct sur le milieu professionnel et que les employeurs ont des responsabilités actives dans la protection de leurs travailleurs. Cette ratification renforce les droits des victimes dont l’emploi est affecté par la situation de violence.

Violences sexuelles basées sur l’image

Cette forme de violence, fréquente après la fin de relations abusives, a récemment fait l’objet de nouvelles mesures législatives spécifiques visant à combattre sa pratique et sa diffusion. Le sujet a été analysé en détail par Mme Rita Duarte dans un article disponible sur notre site internet, auquel nous vous renvoyons ici. Si vous vous trouvez dans une situation de violence domestique, ou si vous avez des questions sur vos droits, vous n’avez pas à affronter ce chemin seul(e). Notre équipe accompagne les victimes à toutes les étapes de la procédure — du dépôt de plainte au jugement et à la demande d’indemnisation. Contactez-nous.

Priscilla Frederighi | [email protected]


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