Lorsqu’un navire arrive en fin de vie, il peut être abandonné, coulé ou démantelé. La dernière option — le shipbreaking — est la plus souhaitable sur les plans environnemental et économique, car elle permet la réutilisation sûre de matériaux tels que l’acier, le fer et certains plastiques.
2023/11/28

Où a lieu le démantèlement ?


Avant le renforcement des normes environnementales, le démantèlement se faisait surtout en Europe et aux États‑Unis. Aujourd’hui, la plupart des plus de 1 000 navires déconstruits chaque année sont échoués sur trois grands sites de « beaching » en Asie du Sud : Alang‑Sosiya (Inde), Chattogram (Bangladesh) et Gadani (Pakistan), où l’application du droit de l’environnement et du travail est beaucoup plus faible.

Impact du beaching


Cette pratique, qui consiste à échouer les navires sur la plage et à utiliser les marées pour faciliter la découpe, entraîne :

  • Destruction de la vie marine et dommages environnementaux considérables.
  • Conditions de travail extrêmement dangereuses : exposition à des substances toxiques (plomb, mercure, PCB, TBT) et accidents mortels fréquents. L’OIT classe le shipbreaking parmi les activités les plus dangereuses au monde.
  • Répercussions économiques, sanitaires et environnementales sur les communautés locales.

Comment les navires y parviennent‑ils ?


Peu d’armateurs recourent à des chantiers de recyclage certifiés. Il est courant de vendre les navires à des intermédiaires qui les acheminent vers ces plages afin de réduire coûts et responsabilités. L’utilisation de pavillons de complaisance dans des États faiblement réglementés permet de contourner les obligations des pays d’origine.

Cadre juridique international et européen

  • Convention de Bâle (1989) – Empêche que les pays en développement ne deviennent des décharges pour les déchets dangereux des pays industrialisés.
  • Amendement « Ban » (1994) – Interdit l’exportation de déchets dangereux des pays de l’OCDE vers les pays non membres.
  • Règlement (CE) 1013/2006 – Transpose la Convention de Bâle dans le droit de l’UE pour les transferts transfrontaliers de déchets, y compris les navires en fin de vie.
  • Convention de Hong Kong – Convention de l’OMI sur le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires ; moins stricte, elle n’interdit pas le beaching et repose largement sur le pavillon du navire.
  • Règlement (UE) 1257/2013 – Plus rigoureux, il interdit le beaching et impose de meilleures conditions de travail, mais est critiqué pour ne plus classer les navires en fin de vie comme « déchets dangereux », ce qui semble entrer en tension avec la Convention de Bâle.

Et le Portugal ?


Malgré sa tradition maritime, le Portugal ne s’est pas imposé comme pôle de recyclage de navires conforme aux standards internationaux. La Commission européenne a d’ailleurs engagé une procédure d’infraction contre le pays pour non‑transposition des règles européennes en la matière.

 

 

Principales sources

NGO Shipbreaking Platform https://www.shipbreakingplatform.org
BAN https://www.ban.org/green-ship-recycling
Care Ratings https://www.careratings.com/upload/NewsFiles/Studies/Ship%20Breaking%20Industry.pdf
Basel: http://www.basel.int/Implementation/LegalMatters/BanAmendment/Overview/tabid/1484/Default.aspx
Marine Insight: https://www.marineinsight.com/environment/10-largest-ship-graveyards-in-the-world/

 

Vídeos

Final Destination: https://www.youtube.com/watch?v=XDiuqcx-vpI
Chittagong: https://www.youtube.com/watch?v=5waCscf2a00
Alang-Sosiya: https://www.youtube.com/watch?v=5jdEG_ACXLw
Gadani: https://www.youtube.com/watch?v=MHzhMAInv2Q
Aliaga: https://www.youtube.com/watch?v=z5XQDtvagHw
National Geographic: https://www.youtube.com/watch?v=WOmtFN1bfZ8

 

Rita Duarte | [email protected]

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