La Fête du Travail, célébrée le 1er mai, trouve son origine dans les luttes ouvrières de la fin du XIXe siècle, notamment les manifestations de Chicago en 1886, où les travailleurs revendiquaient de meilleures conditions de travail et la journée de huit heures.
Bien que souvent associée au mouvement ouvrier en général, cette journée est également profondément liée à la participation des femmes qui, dès le début, ont été en première ligne de ces luttes, affrontant non seulement l’exploitation laborale, mais aussi l’inégalité de genre. Au fil du temps, les femmes ont joué un rôle crucial dans la conquête de droits tels que des salaires plus justes, la protection de la maternité et l’égalité d’accès au travail, faisant du 1er mai un symbole de résistance et d’émancipation féminine.
Plus d’un siècle plus tard, malgré les progrès législatifs et éducatifs, la question s’impose :avons-nous effectivement atteint l’égalité de genre ?
Dans le monde du sport, l’inégalité règne
Dans le sport, la réponse est claire. L’écart salarial entre hommes et femmes n’est pas seulement significatif : dans de nombreuses disciplines, il est abyssal, révélant une inégalité structurelle qui continue de compromettre la reconnaissance du talent féminin. Les conséquences de cette disparité impactent directement les athlètes. La majorité ne peut vivre exclusivement de sa pratique sportive, étant obligée de concilier sa carrière avec d’autres activités professionnelles. Cette réalité finit par éloigner les femmes de la pratique sportive, compromettant ainsi la valorisation du football féminin.
Le Tennis et le Surf font exception
Pourtant, il existe des disciplines où la parité est déjà acquise, comme le tennis et le surf.
L’abîme salarial dans le Football
Dans le cas du football, cependant, les inégalités salariales sont encore très marquées. Malgré la croissance évidente du football féminin, les compétitions masculines continuent de concentrer la majorité des soutiens — ce qui renforce la thèse selon laquelle le marché n’a pas corrigé cette divergence et qu’il n’existe pas encore de mécanismes de régulation efficaces à cet effet.
CNN a rapporté que les joueuses de la Coupe du monde féminine 2023 ont reçu, en moyenne, seulement 25 centimes pour chaque dollar versé aux hommes lors de la Coupe du monde précédente ; en 2019, ce rapport était encore pire : moins de huit centimes par dollar.
Paradoxalement, c’est lors de la Coupe du monde féminine 2023 que des chiffres historiques ont été atteints : environ 1,37 million de supporters se sont rendus dans les stades et près de 2 milliards de personnes ont suivi l’événement en ligne.
Ces données témoignent d’un intérêt croissant, contredisant l’argument selon lequel la remuneration inférieure serait justifiée par un manque de demande du marché.
Panorama National – Proposition de loi rejetée
Au Portugal, la Fédération Portugaise de Football a mis en œuvre diverses mesures pour promouvoir le football féminin, bien que sans impact direct sur l’égalité salariale. En 2024, le projet de loi n° 26/XVI/1.ª a été présenté à l’Assemblée de la République, prévoyant l’égalisation des salaires et des compensations entre les athlètes des sélections féminines et masculines, bien qu’il ait été rejeté en commission.
Actuellement, la rémunération minimale des footballeurs dans les compétitions nationales est régie par la Convention Collective de Travail (CCT) entre la Ligue Portugaise de Football Professionnel et le Syndicat des Joueurs Professionnels de Football (SJPF). Cependant, les joueuses ne sont pas couvertes par ce diplôme, ce qui laisse aux clubs la liberté de créer des figures contractuelles atypiques, contournant ainsi les garanties minimales de protection du travail.
En 2023, le SJPF a présenté une convention collective exclusivement dédiée au football féminin au Portugal. Elle incluait des salaires minimaux, une protection en cas de grossesse et de maternité, ainsi que des mesures d’accompagnement pour les enfants. Toutefois, à ce jour, aucun accord n’a pu être conclu.
D’un point de vue juridique, la Constitution de la République portugaise (article 13) consacre expressément l’égalité des droits pour tous les citoyens, sans distinction de genre. Le Code du Travail (article 23 et suivants) préconise la non-discrimination salariale. Pourtant, la pratique ne reflète pas ce que ces textes défendent.
La loi sur la parité (loi n° 23/2024) a établi la proportion de chaque sexe dans les organes des fédérations sportives et de la ligue professionnelle. Désormais, la représentativité féminine ne peut être inférieure à 33,33 %. Bien que ce texte ne traite pas directement de la question salariale, il s’agit d’une étape importante pour l’accès des femmes aux postes de direction. Par ailleurs, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a critiqué l’année dernière les nations et les clubs pour la persistance de la “violence économique” contre les femmes dans le sport. Il a également déploré la sous-représentation féminine à la tête des structures professionnelles.
Dans ce contexte, la nécessité d’une intervention législative soulève une question : cette inclusion ne devrait-elle pas découler naturellement d’une société guidée par les principes d’égalité et de mérite ?
Il en ressort que la société n’assure pas une égalité effective, se réfugiant dans l’intervention législative comme mécanisme de correction des inégalités structurelles.
Au-delà de l’économie : un changement structurel nécessaire
Le Portugal et le monde sont encore loin de l’idéal d’égalité salariale et d’accès aux opportunités. Il est essentiel d’utiliser le symbolisme de la Fête du Travail pour renforcer la déconstruction culturelle et structurelle. Un changement allant au-delà des mesures économiques est nécessaire pour permettre une égalité naturelle des genres. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de construire un sport plus juste et véritablement inclusif.
Miguel Santos Pereira | [email protected]
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